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Category: Quelques couples

Marx et Engels

Les protagonistes

La rencontre a lieu dans un cirque vide.
Femme, la quarantaine. A tendance à embellir les histoires et à couvrir les gens de cadeaux et attentions. Cherche quelqu'un de créatif et pour qui l'argent n'est pas un but.
Homme, la quarantaine, aime placer des vers de poésie au milieu d'une discussion et se rassurer avec de la musique folklorique. Cherche quelqu'un de chaleureux et généreux, avec qui partager son désir de voyager.

La rencontre

Après une représentation au cirque, une femme reste plus longtemps au milieu de la piste, elle semble attendre quelqu'un. Un homme tout à coup sort de l'ombre. Quand il arrive à sa hauteur, ils se saluent. Elle lui demande s'il venait se faire une idée de ce que ça fait d'être « sous les feux de la rampe ». Il lui dit que non, qu'il n'aime pas la foule et a donc préféré attendre que tout soit calme. Il sourit, gêné. Elle lui propose de boire un café, il accepte. Elle est dans les assurances. Il est prof d'anglais, aime la poésie. Elle a beaucoup d'argent, mais n'aime pas trop son boulot. Elle vient au cirque pour se changer les idées. Il lui parle de poésie.

Jeux

Il était tellement intelligent, cultivé et touche-à-tout. En plus de son travail, il s'amusait à développer des jeux de rôle, comme ça pour le plaisir de raconter des histoires et de partager avec d'autres. J'étais impressionnée et surtout je découvrais un autre monde, auquel j'ai même pu participer. Il m'époustouflait. Jamais je n'aurai cru avoir une chance avec quelqu'un comme lui.

Prendre l'avion

J'aimais son courage et son côté « on fonce, on y va ». On est partis en vacances ensemble et on devait prendre un petit avion. Un de ceux qui fait du bruit, dans lequel on est tout serré et qui ne semble pas très solide. J'avais peur, tellement peur. Elle m'a pris par la main et m'a tiré dedans. Durant tout le trajet, elle m'a raconté pleins de gags pour détendre l'atmosphère. Quand on est arrivés, j'étais tellement fier de moi ! Grâce à elle, j'avais réussi à vaincre ma peur.

Moutons

J'étais très heureuse de pouvoir le gâter. J'avais tout cet argent et c'était l'occasion pour moi de découvrir le monde. Je l'ai emmené en Écosse, car il était fasciné par ce pays et avait toujours voulu y aller. On a pris une grosse voiture et on s'est lancé dans les petites routes de campagnes où il fallait éviter les moutons. C'était incroyable. Ça me permettait d'oublier mon boulot et d'avoir l'impression d'être quelqu'un d'autre.

Perroquet

Par contre, tout ne se passait pas très bien avec mes amis. Ils la trouvaient un peu grossière, pas assez cultivée. Des fois, c'est vrai qu'elle avait tendance à ramener un peu tout à l'argent. Une fois, à un souper, elle disait à chaque fois : «  Oh tu vois pour moi, c'est pas un problème de faire ci ou ça. » Les amis ont fini par la surnommer « le perroquet&nbsp», tellement elle parlait.

Marx & Engels

Je ne comprenais pas pourquoi ses amis me prenaient tellement de haut et se sentaient toujours obligés de nous faire remarquer notre différence de statut socio-économique. On était heureux comme ça, mais j'avais l'impression que leur jugement lui faisait du mal. Une fois, à Berlin, on tombe sur cette statue. Je lui ai dit : «  Tu vois, on est comme ces deux-là ! L'un avait l'argent, l'autre le génie. Et ils ont fait de grandes choses ensemble. » Il a ri, je crois que ça l'a aidé.

Bonhomme en bois

Je comprends qu'elle pouvait avoir l'air de quelqu'un de très superficiel, mais c'était surtout quelqu'un de secret. Par exemple, un jour, elle avait laissé ouvert un tiroir de son bureau. À l'intérieur, je trouve un petit bonhomme en bois peint à la main. Je lui demande ce que c'est, elle m'a dit que c'était un cadeau pour sa mère. Elle ne m'avait jamais parlé d'elle, ou de son enfance. Elle n'en a pas dit plus.

Pourquoi cet épisode vous à marqué?

Même avec tout le temps passé ensemble, je ne suis pas sûr de la connaître vraiment.

Changer de boulot

Tout est parti à vau-l'eau quand je lui ai dit que j'en avais mare de cette vie, de mon boulot, que je voulais faire quelque chose de plus utile dans ma vie. C'était un soir, j'avais étalé tous mes diplômes et attestations par terre pour préparer mes dossiers de candidature. Quand il est arrivé, je lui ai annoncé que j'avais quitté mon job. Il n'a rien dit et est parti.

Ça m'a tellement choqué : pourquoi ne m'en avait-elle pas parlé avant ? Je partageais sa vie quand même ! J'étais ravi dans le fond, mais ce n'est pas possible de vivre avec quelqu'un qui ne vous dit rien.

Refuge

Après cet épisode, je suis parti me réfugier dans un cottage en Irlande. Je n'en pouvais plus. Il me fallait du temps pour réfléchir à tout ça, à nous. C'est tellement douloureux de perdre quelqu'un qu'on aime. Et tous mes amis qui me disaient que c'était mieux comme ça. Je voulais tout oublier.

Épilogue

Six mois plus tard, dans un cottage en Irlande. Elle est dehors en train de s'occuper du jardin. Il est à l'intérieur au téléphone avec une amie : « Je t'envoie les coordonnées du psychochirurgien demain. Je ne sais pas s'il est bon pour la procédure, mais pour l'entretien il était très à l'écoute. Mon dieu, j'ai l'impression de parler d'une autre vie. »

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Une brèche dans le mur

Les protagonistes

La rencontre a lieu au château de Chillon.
Elle : historienne qui vient regarder dans les collections. Elle emporte toutes ses affaires dans son sac, pour être sûre de ne manquer de rien et a tendance à se rendre utile, même si on ne lui demande pas. Elle cherche quelqu'un de réservé, mais qui s'enflamme sur des sujets précis et qui est tolérant.
Lui : en service civil, homme à tout faire au château. Il nettoie régulièrement ses lunettes et note les rdv et tâches minutieusement dans son agenda. Il cherche quelqu'un de détendu, qui ne se prend pas trop au sérieux. Quelqu'un qui rougit quand elle rit risquerait de le faire craquer.

La rencontre

A l'heure d'ouverture du château, il abaisse le pont-levis et discute avec la personne qui s'occupe de l'accueil. Une dame arrive, elle porte un sac gigantesque, elle cherche longuement à l'intérieur jusqu'à ce qu'elle puisse produire son formulaire officiel. Le civiliste finit de nettoyer ses lunettes, il lui demande si c'est elle qui doit venir voir les collections et propose de l'aider. Ils discutent en marchant, il l'accompagne jusqu'à la pièce où se trouvent les archives. Ils se retrouvent plus tard. Ils discutent de leurs études respectives. Elle finit par lui proposer de passer une partie de l'après-midi avec elle dans les archives.

Remplacement

Une fois, j'ai dû faire un remplacement en maths, mais j'angoissais complètement, car je ne comprenais plus rien à ces formules. J'avais tout oublié. Elle a pu m'aider, elle se souvenait de tout, hop les fractions, les racines, et tout ! Elle expliquait bien. J'ai réussi à bluffer les gamins. Elle était douée, dans tout, mais ne se mettait pas pour autant en avant.

Théorie des toits

Au début, j'avais peur de me lancer dans cette relation, car je n'aime pas les gens qui ne savent pas ce qu'ils se veulent. Il était jeune et avait de la peine à trouver son chemin. Une fois, on est montés au sommet du clocher d'une ville médiévale. Il a commencé à me parler avec passion de ses cours d'archéologie urbaine. Ça m'a rassurée de savoir qu'il pouvait être passionné et je me suis lancée à corps perdu.

J'avais parfois peur d'exagérer, de m'emporter trop violemment, de l'offenser.

Semaine rustique

Elle devait souvent faire des recherches à l'étranger, des fois on ne se voyait pas pendant plusieurs jours. Une fois, je me suis incrusté ni vu ni connu avec elle. On était hébergé dans les combles d'un vieux bâtiment, à peine mieux qu'une grange. On avait passé une semaine tout le temps ensemble, c'est un souvenir fort.

Qu'est-ce qui vous avait particulièrement marqué ?

Je n'avais aucune obligation, j'avais tout mon temps et j'ai pu l'employer pour juste être avec elle !

Ruines extraterrestres

Je me souviens de la première fois qu'on s'est dit « Je t'aime ». Un après-midi lors d'un voyage, il a décidé de se prendre pour un guide touristique et m'a emmenée voir des ruines et il racontait n'importe quoi. Je riais tellement que j'en avais mal au ventre. Et entre deux éclats de rire, c'est sorti comme ça, sans crier gare, : « je t'aime, nigaud. »

Plus tard, il m'a dit que ce ne serait pas toujours facile, avec nos deux caractères.

Lunettes perdues

Après une sieste sur la banquette arrière de sa voiture, je ne trouvais plus mes lunettes. J'ai dû démonter l'ensemble de la voiture, j'ai cherché partout ! Après, je l'ai entendue rire, elle avait retrouvé mes lunettes dans son sac. Je me suis senti très vulnérable : j'ai toujours eu une peur irrationnelle de devenir aveugle, alors j'ai besoin de mes lunettes. Qu'elle soit impliquée... je me sentais pas bien, ça faisait ressortir des sales trucs. Mais je n’ai rien dit.

Voler

La première fois où je l'ai vu s'énerver, lui qui était si placide, c'était quand un pote lui a offert un vol en planeur. Il a été malade et en sortant de l'avion il a hurlé, parce que l'ami n'avait pas arrêté alors qu'il était mal. C'était horrible, ça m'a choquée de le voir comme ça.

Mon pote a fait n'importe quoi, il prenait ses virages comme un fou en riant alors que je lui disais d'arrêter. Il me ridiculisait devant ma copine. D'ailleurs, il m'avait souvent fait des remarques sur elle. J'ai explosé.

Retour au château

J'ai reçu une invitation, après la fin de mon service civil, à participer aux grillades annuelles du château où l'on s'était rencontrés. Je lui ai proposé de venir avec moi. On a fait le tour en se souvenant de notre première rencontre. Mais elle n’était pas dans le truc, on aurait dit qu'elle s'en foutait, que ça l'embêtait de parler du passé. J'avais de la peine à entrer en communication avec elle.

Samedi soir

J'ai rompu avec lui précipitamment. Un soir, on est sorti avec un de ses potes (celui du planeur d'ailleurs). Ils sont partis en noce. Le mec a été détestable avec moi, il me cherchait. Au bout d'un moment, mon copain s'est énervé et lui a de nouveau hurlé dessus comme un forcené. J'ai rompu. C'est exclu de vivre avec quelqu'un qui s'énerve comme ça. C'est inacceptable.

Après, il m'a expliqué que c'était à cause du pote, qu'il ne se reconnaissait pas, qu'il ne comprenait pas pourquoi il avait fait ça.

Recoller les pots

On a eu des discussions, mais c'était déjà foutu. On est allé se promener en forêt, je lui ai dit que cela ne serait jamais dirigé contre elle, qu'elle ne devait pas se faire de soucis. Cela ne lui convenait pas. C'est vrai que j'avais des réflexes un peu primitifs, mais je n’osais pas lui dire... Elle ne me regardait déjà plus, le ruisseau semblait l'absorber... c'était mal barré.

Épilogue

C'est le premier jour de travail du nouveau collaborateur du château. À son arrivée, il apprend qu'aujourd'hui, une historienne vient voir les collections. Il l'attend à l'accueil. En arrivant, elle lui serre la main et se présente, il fait de même, poliment. Elle connaît l'emplacement des archives. Il lui donne la clé et lui souhaite une bonne journée. La personne de l'accueil leur jette un drôle de regard, puis accueille les premiers visiteurs de la journée avec un air convivial.

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